Christian Pousset parle de PeopletoPeople chez BFM Business

Christian Pousset parle de PeopletoPeople chez BFM Business

Christian Pousset était l’invité de Stéphane Soumier chez Good Morning Business sur BFM business.
S.Soumier : Le président de la république en devenir devra faire face à une forte volonté de transformation et à une gestion de talent inexpérimentés. Et ça Christian Pousset vous nous dites que c’est la clef de ce qui se passe en ce moment dans les entreprises. Vous pouvez nous donnez votre avis par rapport à ça ?

 

C.Pousset : Le niveau de transformation c’est forcément la clef. Manager une campagne, manager un pays c’est comme manager une entreprise. Pour manager cette entreprise il y a deux choses importantes : la structure de cette entreprise et l’idée de l’entreprise. La structure de l’entreprise autour du locuteur, le chef d’entreprise, celui qui annonce et l’équipe dirigeante, la gouvernance.
Bien sûr quand on parle de transformation, il s’agit d’être audible, crédible et bienveillant.

Bienveillant ? C’est le mot RH qu’on entend partout en ce moment!

Bienveillant parce qu’il faut faire avancer tout le monde sur un projet de transformation. L’ensemble des collaborateurs devient contributeur. Pour être contributeur, il faut un droit à l’erreur, un droit de refaire, un droit d’être accompagné et un droit de s’exprimer, aussi bien sur son poste de travail que sur sa relation avec le client. “Je suis acteur de mon avenir professionnel donc je suis contributeur de mon entreprise”.

Ce que vous exprimez vient en contradiction avec le mythe des 100 jours. Si on est dans cette idée de management bienveillant, dans cette idée d’accompagner la conduite du changement en ne laissant personne de coté, on ne peut pas aller vite !

On ne peut pas aller vite, on peut contrôler, vérifier chaque étape. La bienveillance n’est pas l’abandon du contrôle, c’est l’accompagnement de chaque collaborateur pour faire mieux, pour faire plus simplement et surtout pour éliminer beaucoup de structure, de couche à l’intérieur de l’entreprise. L’entreprise devient “plate”. Il faut être en direct avec le chef d’entreprise qui a besoin de faire passer son discours jusqu’à la base de l’entreprise et l’ensemble de contribueur/collaborateur, qui a besoin de faire ressentir, adhérer et de donner sa contribution à l’ensemble de la structure.

On va me reprocher de reprendre des expressions de politiques mais tant pis : ” marche ou crève” ce n’est donc plus d’actualité pour vous ? Ça n’a plus aucun sens dans l’entreprise ?

Ça n’a plus aucun sens dans l’entreprise car déjà on dit “en marche”, et pas en courant si vous voulez.. Il faut quand même se rendre compte de l’urgence de faire contribuer tout les collaborateurs.

Si on file la métaphore de l’entreprise en tant que pays et que l’on vous met dans la peau du président. Premièrement, vous allez arriver après une phase de tension exacerbée, et deuxièmement avec des collaborateurs qui pour beaucoup, n’ont jamais occupé ce rôle, ou en tout cas pas à ce niveau de responsabilité. C’est un business case intéressant pour vous ?

Alors oui c’est un business case intéressant car c’est un business case qui parle du triangle des fiertés. Le triangle des fiertés c’est 3 points : fierté de son métier, fierté de son entreprise et fierté de soi. Quand on travaille sur ces trois paramètres, on s’aperçoit que chaque collaborateur a envie de faire plus. Quand vous avez un jeune collaborateur, une jeune pousse engagée parce que l’entreprise va plus vite et quelle a besoin de l’ensemble des idées des collaborateurs, il faut stimuler cette innovation. Et l’innovation individualité est à l’origine de l’innovation collective.

J’aime vraiment votre notion de triangle des fierté. Pouvez vous m’en redonner la définition ?

Fierté de son métier, Fierté de son entreprise et Fierté de soi. Si on parle de très grosse crise dans l’entreprise aujourd’hui on s’aperçoit que l’une de ces trois données a été brisée. par exemple quand une compagnie aérienne très statuaire devient un transporteur de personne, le statut du métier est remis en question (de pilote par exemple), vous attaquez l’idée du métier, et par transitivité l’estime de soi.