Tribune de Christian Pousset dans les Echos

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Crise du lait : et si l’avenir du secteur agricole passait par les coopératives ?

coopératives

 

Comme le montrent les exemples scandinaves et allemands, les grandes coopératives permettent souvent de réguler les marchés. La France, touchée par une crise du lait, pourrait s’en inspirer pour enfin sortir de ses crises agricoles.

À grand renfort d’images fortes et de déclarations, l’actualité agricole de la rentrée se concentre autour de la crise du lait , cristallisée par le conflit entre, d’un côté, les agriculteurs producteurs, et de l’autre, Lactalis, présenté comme le numéro un mondial des produits laitiers devant Nestlé. Le groupe français a accepté d’augmenter le prix payé aux éleveurs de 15 centimes . Une hausse que les agriculteurs jugent insuffisante.

Cette nouvelle crise du lait, au-delà d’une temporalité courte rythmée par les rapports de force, doit nous pousser à nous interroger sur le devenir de la filière agricole française et son positionnement au regard de nos concurrents européens, en particulier l’Allemagne. Que le marché du lait soit difficile, c’est une réalité mondiale, et non pas une spécificité française.

La France manque d’un régulateur

Le marché français du lait est structuré autour d’acteurs divers, aux intérêts parfois divergents. À l’inverse des pays scandinaves par exemple, où les coopératives dominent le marché (comme Arla Foods qui compte 12.700 adhérents et ne collecte pas moins de 13 milliards de litres de lait) la France se voit privée d’un régulateur global, d’une instance en mesure d’intervenir à tous les niveaux de la chaîne, de la production en passant par la distribution et la vente.

Par régulateur, il faut entendre non pas une instance publique, mais un acteur au cœur de la filière, pleinement au fait des problématiques et des enjeux et disposant d’une vision et d’un champ d’intervention à 360 degrés. Cette maîtrise ne garantit pas forcément une meilleure rémunération pour le producteur ou un prix de vente plus élevé, mais permet de mieux coordonner les circuits de production, de réduire le nombre d’intermédiaires, et in fine, de mieux réguler l’activité.

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